# Que vous reste-t-il vraiment sur ce chantier ? Fiche pratique du Cabinet Pascal Dubois, version du 27 septembre 2026. Utilisez-la avec le calculateur sur un chantier terminé : l’objectif est de comprendre un écart, puis de choisir une correction concrète pour le prochain devis. ## Le bon point de départ Vous avez terminé les travaux, envoyé la facture et passé du temps sur le chantier. Cela ne dit pas encore ce qu’il reste à l’entreprise une fois les dépenses du chantier prises en compte. Le calculateur sépare les coûts directement affectés au chantier des frais généraux, conformément au cadre de gestion présenté par la [Fédération Française du Bâtiment](https://www.ffbatiment.fr/gestion-entreprise/comptabilite-banque-assurances/tresorerie-comptabilite/dossier/pilotage-entreprise-tableau-bord). Dans cet outil, le premier résultat est appelé « marge sur coûts directs » : ce n’est pas le bénéfice net de votre entreprise. ## Réunir les données sans rien compter deux fois - **Facturation HT** : partez du montant final facturé, avec les avenants facturés et après déduction des avoirs. Ne confondez pas ce montant avec ce que votre client a déjà payé. - **Matériaux** : retenez les achats réellement consommés sur ce chantier, après les retours et avoirs correspondants. Un stock utilisé sur un autre chantier ne doit pas être imputé deux fois. - **Sous-traitance** : additionnez les prestations affectées au chantier. Ne recomptez pas les heures d’un sous-traitant dans les heures de votre propre équipe si sa facture est déjà prise en compte. - **Autres coûts directs** : relevez les frais propres à ce chantier, comme une location ponctuelle, une benne ou une livraison spécifique. Vérifiez qu’ils ne sont pas déjà inclus dans un autre poste. - **Heures de main-d’œuvre** : cumulez les heures de chaque personne, y compris votre propre temps de production. Deux personnes pendant sept heures représentent quatorze heures de main-d’œuvre. - **Coût horaire de main-d’œuvre** : utilisez un coût chargé, pas votre tarif de vente. La base doit exclure les frais généraux pour conserver la définition du premier résultat. Saisissez les dépenses hors taxes, augmentées de la TVA non récupérable le cas échéant. Mettez zéro lorsqu’un poste est réellement absent ; si son montant est inconnu, rassemblez l’information avant de conclure. Pour la main-d’œuvre, gardez le même périmètre entre le coût horaire et les heures affectées au chantier. Le cadre FFB prend notamment en compte les rémunérations, charges patronales et le temps de production du dirigeant, rapportés aux heures de travail effectives ([Fédération Française du Bâtiment](https://www.ffbatiment.fr/gestion-entreprise/comptabilite-banque-assurances/tresorerie-comptabilite/dossier/pilotage-entreprise-tableau-bord)). Si vous ne connaissez pas votre base horaire, l’aide du calculateur propose une estimation : budget annuel chargé de main-d’œuvre de production divisé par les heures annuelles imputables aux chantiers. Utilisez la même équipe et la même année, puis faites valider le périmètre avec votre comptable ; ce raccourci pédagogique ne remplace pas une étude de coût de revient. ## Comprendre les trois calculs ### La marge sur coûts directs Main-d’œuvre valorisée = heures cumulées × coût horaire de main-d’œuvre. Coûts directs = matériaux + sous-traitance + autres coûts directs + main-d’œuvre valorisée. Marge sur coûts directs = facturation HT − coûts directs. Le pourcentage affiché est cette marge divisée par la facturation HT, puis multipliée par 100. Il ne s’agit pas d’un coefficient de majoration appliqué au coût. ### L’écart avec le devis Écart de marge = marge réalisée estimée − marge prévue. Une valeur négative indique que la marge a diminué par rapport à votre chiffrage. L’outil détaille l’effet de chaque poste ; si le périmètre des travaux a changé, vérifiez les avenants avant de comparer les montants. ### Le solde après les frais généraux saisis Solde = marge sur coûts directs − quote-part de frais généraux saisie. La quote-part doit venir de votre propre méthode de répartition, pas d’un taux choisi au hasard. Si vous ne la connaissez pas, laissez l’option décochée : l’outil n’affichera pas de solde après frais généraux. Les frais généraux correspondent aux charges que les chantiers doivent contribuer à financer, comme les assurances, les loyers ou le temps de gestion, selon les explications de la [Fédération Française du Bâtiment](https://www.ffbatiment.fr/gestion-entreprise/comptabilite-banque-assurances/tresorerie-comptabilite/dossier/pilotage-entreprise-tableau-bord). Le solde calculé ici reste une estimation avant les autres charges éventuelles et les impôts, non un bénéfice net certifié. ## L’exemple du calculateur, pas à pas L’exemple ci-dessous est entièrement fictif. Il sert à comprendre les calculs, pas à présenter un résultat client ou un niveau de performance à atteindre. | Poste | Prévu au devis | Réalisé saisi | |---|---:|---:| | Facturation HT | 12 000 € | 12 000 € | | Matériaux | 3 600 € | 4 100 € | | Sous-traitance | 1 200 € | 1 200 € | | Autres coûts directs | 200 € | 300 € | | Heures de main-d’œuvre | 110 h | 140 h | | Coût horaire de main-d’œuvre | 32 €/h | 32 €/h | | Main-d’œuvre valorisée | 3 520 € | 4 480 € | | Total des coûts directs | 8 520 € | 10 080 € | | Marge sur coûts directs | 3 480 € | 1 920 € | | Marge / facturation HT | 29 % | 16 % | La marge diminue de 1 560 €, soit 13 points de pourcentage du montant facturé. L’écart se décompose en 500 € de matériaux supplémentaires, 100 € d’autres coûts directs et 960 € de main-d’œuvre supplémentaires. Avec une quote-part fictive de frais généraux de 1 200 €, le solde devient 720 €. Ni les 1 920 € de marge sur coûts directs ni ces 720 € ne constituent automatiquement un bénéfice net disponible pour le dirigeant. ## Choisir une première correction - **Écart sur les heures** : vérifiez les reprises, attentes, préparations et déplacements. Distinguez une estimation initiale trop basse d’un changement demandé par le client. - **Écart sur les matériaux** : rapprochez quantités prévues, quantités consommées, prix réellement payés et retours. Une hausse de coût peut venir de plusieurs causes. - **Écart sur la facturation** : recherchez les remises, avoirs et prestations supplémentaires non facturées. Ne concluez pas à une mauvaise productivité si le périmètre a changé. - **Écart sur la sous-traitance ou les autres frais** : vérifiez le périmètre convenu et les dépenses oubliées au chiffrage. Une petite dépense répétée mérite d’être intégrée à la méthode. - **Marge positive, trésorerie tendue** : distinguez le suivi économique du calendrier des encaissements et paiements. Un chantier facturé n’est pas nécessairement payé. Dans l’exemple, les heures expliquent le plus grand écart défavorable. La première action serait donc d’examiner ces trente heures supplémentaires, pas de relever tous les prix sans comprendre. ## Avant votre prochain devis - **Fiabilisez une donnée** : le coût horaire, une quantité ou une durée qui vous manque. - **Corrigez un poste** : modifiez une hypothèse de chiffrage documentée, plutôt que tout le devis. - **Préparez le suivi** : décidez qui relève les heures et comment les achats sont affectés. - **Clôturez le prochain chantier** : refaites la comparaison avec la même méthode. Ne changez pas tout à partir d’un seul chantier. Recherchez les écarts qui se répètent sur plusieurs travaux comparables, en conservant le même périmètre de coûts. ## Conserver vos résultats et vos données Le calculateur fonctionne dans votre navigateur : les montants ne sont pas envoyés au cabinet. Téléchargez le bilan texte si vous souhaitez conserver la simulation ; les champs ne sont pas enregistrés après fermeture ou rechargement. La version autonome est un fichier HTML à ouvrir dans un navigateur sur votre appareil. Elle ne nécessite ni connexion ni compte ; conservez séparément vos exports et ne partagez pas de données clients inutiles. ## Préparer un échange utile Si vous souhaitez parler de votre situation avec Pascal Dubois, préparez vos questions avant de transmettre des documents. Vous pouvez commencer sans communiquer de montants précis. - **Le constat** : sur quel type de chantier les écarts reviennent-ils ? - **La méthode** : comment suivez-vous les heures et les achats aujourd’hui ? - **La décision** : quelle première correction souhaitez-vous rendre possible ? Le diagnostic sert à déterminer si un accompagnement est pertinent, sans promesse automatique d’économies. Vous gardez la maîtrise des informations que vous choisissez de partager.